1. Les chiffres clés 2024 : une stabilité trompeuse, une gravité en hausse
Selon le rapport annuel 2024, 549 614 accidents du travail ont été recensés en France en 2024, soit une baisse modérée de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Mais il ne faut pas se cantonner à ce chiffre qui peut paraître positif de prime abord alors qu’il n’en est rien, car la gravité de ces accidents augmente et c’est plutôt préoccupant :
Le rapport souligne également que plus de la moitié des accidents mortels sont liés à des malaises, tandis qu’environ un quart sont directement imputables à des causes professionnelles identifiées (chutes de hauteur, manutentions, etc.).
Un point d’alerte majeur : les jeunes et les nouveaux embauchés
Les données montrent que :
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20 % des décès au travail surviennent dans l’année suivant la prise de poste.
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Pour les salariés de moins de 25 ans, cette proportion dépasse 50 %.
Ces chiffres s’avèrent eux aussi préoccupants et ils interrogent directement les pratiques d’intégration, de formation sécurité et d’accompagnement managérial.
2. Pourquoi les accidents du travail ne baissent-ils pas durablement ?
Le rapport met en lumière plusieurs facteurs explicatifs.
2.1. Les facteurs humains
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Fatigue physique et cognitive
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Manque ou insuffisance de formation à la sécurité
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Stress et risques psychosociaux
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Baisse de vigilance
À cela s’ajoutent des risques émergents : vagues de chaleur, surcharge informationnelle, hyperconnexion, tensions organisationnelles.
2.2. Les facteurs organisationnels ne sont pas en reste
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Sous-traitance et coactivité mal maîtrisées
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Turnover élevé et précarité des contrats
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Difficultés à actualiser le DUERP
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Manque de culture sécurité structurée
Le rapport rappelle d’ailleurs que seulement 41 % des TPE/PME de moins de 10 salariés disposent d’un DUERP formalisé, alors qu’il s’agit d’une obligation légale depuis 2001.
3. Les obligations légales des employeurs : un cadre clair, des responsabilités renforcées
L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Cela implique notamment :
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L’évaluation des risques (DUERP)
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La mise en place d’actions de prévention
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L’adaptation des postes de travail
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L’information et la formation des salariés
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La mise à disposition d’EPI adaptés
Les formations sécurité doivent être systématiquement proposées :
En juillet 2025, une instruction conjointe des ministres du Travail, de la Santé et de la Justice a renforcé la politique de sanctions, notamment en cas de manquement aux obligations de formation, d’absence d’EPI ou d’exposition de salariés vulnérables.
Le message est sans ambiguïté : la prévention est désormais contrôlée en amont, avant même qu’un accident ne survienne.
4. Les conséquences financières : un enjeu stratégique
Au-delà de l’impact humain, le rapport rappelle que les risques professionnels ont un coût financier significatif pour la branche AT/MP.
Pour les entreprises, les conséquences peuvent être lourdes :
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Majoration du taux de cotisation AT/MP
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Arrêts de production
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Perte de compétences
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Dégradation de l’image employeur
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Risques pénaux pour le dirigeant
La prévention n’est donc pas une charge : c’est un investissement structurant.
5. Quelles actions prioritaires pour 2026 ?
À la lumière du rapport, plusieurs leviers doivent être activés.
5.1. Replacer le DUERP au cœur du pilotage
Le DUERP ne doit pas être un document formel. Il doit :
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Être mis à jour régulièrement
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Intégrer les risques réels du terrain
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Déboucher sur un plan d’action opérationnel
5.2. Renforcer la formation sécurité
Les statistiques sur les jeunes travailleurs et les nouveaux embauchés montrent que l’intégration sécurité est un maillon critique.
Les formations doivent être :
5.3. Développer une culture sécurité partagée
La prévention ne repose pas uniquement sur le responsable HSE. Elle doit impliquer :
La culture sécurité se construit par la cohérence, l’exemplarité et la répétition.
6. Ce que les chiffres 2024 nous enseignent
Le Rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie montre une réalité contrastée :
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Le nombre global d’accidents du travail baisse légèrement.
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La mortalité reste élevée.
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Les jeunes et nouveaux embauchés sont particulièrement exposés.
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Les défaillances organisationnelles pèsent lourdement.
La conclusion est claire : la prévention ne peut plus être ponctuelle. Elle doit être structurée, anticipée et intégrée à la stratégie de l’entreprise.
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L’approche Prematech : relier la réglementation, les statistiques nationales et la réalité terrain.
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Source : Rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, publié en novembre 2025
Article rédigé le 25.02.26 par
Sébastien Taraud