Analyse

Accidents du travail 2024 : ce que révèle le rapport de l’Assurance Maladie et ce que les entreprises doivent en tirer

En novembre 2025, l’Assurance Maladie a publié son Rapport annuel 2024 lié aux maladies et risques professionnels. Ce document de référence dresse un état des lieux précis des accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles en France, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a des marges de progressions à gagner.

Au-delà des chiffres qui présentent un constat défavorable en matière d’accidents du travail par exemple, ce rapport envoie un signal clair aux employeurs : la prévention ne peut plus être une variable d’ajustement. Elle doit devenir un axe stratégique, structuré et piloté. Voici les principaux enseignements à retenir et les implications concrètes pour les entreprises.

1. Les chiffres clés 2024 : une stabilité trompeuse, une gravité en hausse

Selon le rapport annuel 2024, 549 614 accidents du travail ont été recensés en France en 2024, soit une baisse modérée de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Mais il ne faut pas se cantonner à ce chiffre qui peut paraître positif de prime abord alors qu’il n’en est rien, car la gravité de ces accidents augmente et c’est plutôt préoccupant :

Le rapport souligne également que plus de la moitié des accidents mortels sont liés à des malaises, tandis qu’environ un quart sont directement imputables à des causes professionnelles identifiées (chutes de hauteur, manutentions, etc.).

Un point d’alerte majeur : les jeunes et les nouveaux embauchés

Les données montrent que :

Ces chiffres s’avèrent eux aussi préoccupants et ils interrogent directement les pratiques d’intégration, de formation sécurité et d’accompagnement managérial.


2. Pourquoi les accidents du travail ne baissent-ils pas durablement ?

Le rapport met en lumière plusieurs facteurs explicatifs.

2.1. Les facteurs humains

À cela s’ajoutent des risques émergents : vagues de chaleur, surcharge informationnelle, hyperconnexion, tensions organisationnelles.

2.2. Les facteurs organisationnels ne sont pas en reste

Le rapport rappelle d’ailleurs que seulement 41 % des TPE/PME de moins de 10 salariés disposent d’un DUERP formalisé, alors qu’il s’agit d’une obligation légale depuis 2001.


3. Les obligations légales des employeurs : un cadre clair, des responsabilités renforcées

L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Cela implique notamment :

Les formations sécurité doivent être systématiquement proposées :

En juillet 2025, une instruction conjointe des ministres du Travail, de la Santé et de la Justice a renforcé la politique de sanctions, notamment en cas de manquement aux obligations de formation, d’absence d’EPI ou d’exposition de salariés vulnérables.

Le message est sans ambiguïté : la prévention est désormais contrôlée en amont, avant même qu’un accident ne survienne.


4. Les conséquences financières : un enjeu stratégique

Au-delà de l’impact humain, le rapport rappelle que les risques professionnels ont un coût financier significatif pour la branche AT/MP.

Pour les entreprises, les conséquences peuvent être lourdes :

La prévention n’est donc pas une charge : c’est un investissement structurant.


5. Quelles actions prioritaires pour 2026 ?

À la lumière du rapport, plusieurs leviers doivent être activés.

5.1. Replacer le DUERP au cœur du pilotage

Le DUERP ne doit pas être un document formel. Il doit :

5.2. Renforcer la formation sécurité

Les statistiques sur les jeunes travailleurs et les nouveaux embauchés montrent que l’intégration sécurité est un maillon critique.

Les formations doivent être :

5.3. Développer une culture sécurité partagée

La prévention ne repose pas uniquement sur le responsable HSE. Elle doit impliquer :

La culture sécurité se construit par la cohérence, l’exemplarité et la répétition.


6. Ce que les chiffres 2024 nous enseignent

Le Rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie montre une réalité contrastée :

La conclusion est claire : la prévention ne peut plus être ponctuelle. Elle doit être structurée, anticipée et intégrée à la stratégie de l’entreprise.


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Source : Rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, publié en novembre 2025